Récit de séjour – Chiappa 2026 – 3/4

NOUVELLES AVENTURES ARTISTIQUES

Quoi qu’il en soit, les journées body-painting prennent enfin leur rythme de croisière. Chaque jour en général : au moins un shooting, parfois deux. Jusqu’à trois.

Et un certain nombre de personnes qui veulent juste un dessin corporel sans séance photo… c’est le jeu ! Je propose alors de prendre des photos avec les mobiles des gens, qu’au moins on puisse donner un petit sens artistique aux clichés.

Un bon point positif : j’ai un public assez varié, que ce soit couples, familles, enfants, personnes seules, parfois d’âge mûr… Il y a donc de quoi représenter une inclusion et une diversité, soit l’essence même de la démarche.

J’ai avec moi ma désormais classique pile de dessins, avec de nombreux motifs. Faits, ou à faire. Eh oui, les dessins ont une partie improvisée, une partie préparée.

Je classe, trie, en invente quelques nouveaux. Si je ne parviens pas à créer beaucoup de motifs préliminaires, très peu en fait, je constate qu’il en reste plusieurs encore jamais posés sur un corps. Parfait ! Je vais donc pouvoir ajouter des notes de singularité, surprendre. Bien entendu toujours en restant dans mon style : tribal, cubiste et abstrait.

Les jours s’enchaînent, en général je body-painte même le vendredi lors de mon jour de repos, et peins après 18H. Il y a des candidats, il faut en profiter !

EN VADROUILLE AVEC LES MODELES

Autre nouveauté, je cherche à imaginer des poses. Au début je voulais partir avec de mini-mannequins de bois, j’en avais acheté trois de différentes tailles quelques jours avant le départ. Mais ça prenait trop de place pour du matériel fragile, et surtout ça n’avait pas la souplesse que j’espérais. Aussi j’expérimente un logiciel. J’aurais dû y songer plus tôt ! Maîtrise pas évidente, mais je parviens à concevoir de premières créations dont voici quelques exemples. Ceci dit, alerte spoiler : je n’exploiterai pas les poses créées au cours de ce séjour. Ce sera pour une autre fois… Je n’y peux rien c’est mon style : j’avance sans linéarité précise.

Lors des shootings, je suis armé de mon t-shirt « Staff Chiappa » afin d’éviter toute polémique auprès des vacanciers (vraiment au cas où, même quand je ne l’avais pas nous n’avons eu droit qu’à des regards bienveillants), et du fameux Sony Alpha III et ses 42 millions de pixels : vraiment parfait, car faisant quasi toujours de belles photos, et très détaillées.

EN DEHORS DES BODY-PAINTINGS…

Le midi je suis vraiment traité comme un roi, la direction m’offre un resto chaque midi. Je crois que c’est la première fois de ma vie que j’enchaîne un resto par jour… sans exception… sur près d’un mois ! Je goûte de tout, peu à peu l’intégralité de la carte y passe, ou presque, et les plats étant copieux je ne mange en général qu’une fois dans la journée.

Les serveurs sont souriants, sympas, serviables, et en comptant les nombreuses soirées (danseuses brésiliennes, mix de DJ, chanteurs…) font des heures vraiment compliquées, avec de nombreux pas sous un soleil de plomb !

(Entre 14 et 16 H je suis parfois anéanti par le poids du soleil. Je sais, il en est ainsi un peu partout en France. Notre après-midi culminant a été je crois de 42 degrés !)

La fatigue se lit parfois sur leurs visages…

J’espère qu’ils auront tous une belle prime de fin de saison, ils le méritent amplement 🙂

En dehors du temps de body je fais du sport, tente le beach volley sans jamais gagner UN SEUL match, vais au phare par la forêt et me perd (je reviens avec les jambes griffées de partout), vais me baigner 5 à 10 fois par jour, tente de respecter un sauna de 15 minutes quotidien (pas simple !), vais à un ou deux vernissage d’expos, m’inscris à une randonnée palmée…

Je vais un peu au petit marché artisanal, la charcuterie Corse excellente, chère cependant (première fois de ma vie que je vois une saucisse sèche à 18 € 🙂  ), m’achète un masque et un tuba, longe la côte par les rochers…

DANS MA BULLE

Ce que je ne parviens pas vraiment à faire, cette année, c’est mon classique objectif sociabilisation. Le bilan été 2026 sera particulièrement pauvre. Souvent je me sens seul et m’ennuie, le temps est parfois long sous ce soleil écrasant, alors je sors mon PC et travaille sur des textes… que j’aurai vraiment beaucoup avancés au cours du séjour, un mal pour un bien. Pourtant les gens sont cools ! Le lieu, le public, n’est nullement à mettre en cause.

Mais j’ignore pourquoi, mon autisme prend le dessus et je m’enferme souvent dans ma bulle. Peut-être le besoin de faire un break du projet Symbiose, enchaîner plutôt une année sur deux que tous les ans, ou bien faire des séjours un peu plus courts… ? Je ferai le point là-dessus plus tard, en prenant du recul sur tout cela. Là encore, rien ne presse !

C’est la seule partie du projet qui ne sera pas honorée, pas la plus gênante car la plus personnelle, et qui ne concerne que moi.

(Comme certains d’entre vous le savent, si j’ai mis en place ce concept artistique c’est aussi pour lutter contre mon T.S.A.)

Du coup j’observe souvent les colonies de fourmis, je n’en avais jamais vu autant au mètre carré 🙂 Les autres parties du « contrat » seront honorées, la direction est contente, les modèles aussi. Alors somme toute, moi aussi je suis content.

SOUVENIRS ET RENCONTRES ARTISTIQUES… TOUT DE MEME !

Des modèles avenants, une direction sympa, des serveurs aux petits soins, bonne nourriture, soleil, mer… Non, je ne suis vraiment pas DU TOUT à plaindre.

Je note aussi que les participants de cette année sont particulièrement généreux envers la cagnotte de libre donations. Plusieurs donnent jusqu’à 50 € ! Impressionnant. Et touchant ! Car toute somme donnée est bien sûr entièrement facultative.

Et puis, parmi les bons souvenirs artistiques… entre autres, je songe à :

… A., modèle très intéressante, venue pas moins de 3 fois ! Pratiquante de danse et de gym, hyper expressive et très à l’aise avec son corps, il n’y avait même pas tellement de directives à lui donner au cours des shootings, parfois il suffisait de la laisser faire et d’appuyer sur le bouton aux bons moments.

… T., travaillant au restau-plage, qui a souhaité un body-painting juste avant son service ! Sympathique, généreux qui plus est car il a voulu donner 30 € pour la cagnotte, que je suis allé mettre dans la tirelire de pourboires du restau-plage (c’est la règle : serveurs et cuistots n’ont pas le droit de me donner des sous 🙂  )

… La même A., encore, au cours d’un de ses body-paintings, qui me raconte qu’elle aime la fiction et écrit souvent des histoires, et lorsque je lui demande « et t’écris sur quoi ? » elle me répond spontanément avec beaucoup de candeur « du papier ! »… ce qui a occasionné un bon fou-rire quand je lui ai expliqué.

… Ce petit excité courant partout en tout sens, sans cesse rappelé à l’ordre par ses grands-parents, mais qui a très bien posé, et a fait preuve d’une assez belle patience, et pour le dessin et pour le shooting.

… Cet homme écrivant pour un site naturiste italien qui, en plus de son body-shooting, a tenu à m’envoyer des questions par mail, afin de publier les réponses sur ledit site.

… Cette fonctionnaire de l’éducation nationale dont un peu tout le monde m’a parlé dans le camping, car elle est parvenue à conserver un dessin intact… sur un temps que je n’aurais pas pensé !

… C. retraité gay ET catholique (si !) qui aime aller à la messe de Porto-Vecchio, tout le temps souriant et riant.

Et d’autres expériences artistiques et humaines enrichissantes.

A suivre…

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